Les enseignants année 2015/2016 (cours des enfants)judo mai 2016 062Raymond Damblant – Alain Cortelessa – Gabriel Gay – Brigitte Lastrade – Pierre LeDantec – Joel Tremblay – Stéphane Ménigot

Quelques conseils à l’usage des personnes impliquées

dans l’enseignement du judo ou ayant le projet de le devenir

Par Raymond Damblant, 9e dan

 

 

Les préalables incontournables : passion et disponibilité

Avant de se « lancer » dans l’enseignement du judo, il faut à priori évaluer sa réelle disponibilité dans le temps, car il s’agit bien d’une implication à moyen et à long terme . L’enseignant est l’âme du dojo; il faut que celui-ci ait la passion, d’ enseigniez car cela a un prix! Pour se sentir à l’aise dans ce choix, le professeur doit toujours évaluer l’impact qu’aura le temps consacré à l’enseignement du judo sur son travail , ses études (si c’est le cas) et sa famille. Il devra également tenir compte impérativement des présences aux différentes compétitions et stages.

Les rappels administratifs

  • Réussir les certifications du programme P.N.C.E. est une nécessité et une obligation (niveau 2 minimum). Il est également impératif de suivre une formation en premiers soins pour l’obtention d’une certification de la Croix Rouge ou d’Ambulance Saint-Jean (RCR).

 

  • Judo Québec dispose de toute la documentation pertinente et indispensable au cheminement de l’enseignant. Il faudra régulièrement s’y référer en ce qui concerne la conduite de l’enseignement du judo et suivre les directives administratives proposées pour respecter les normes fédérées. Tout enseignant doit avoir étudié les règlements d’arbitrage et de tournois.

 

  • Le local prévu pour opérer un dojo doit rencontrer les normes de la municipalité et prérogatives de Judo Québec relatives à l’ouverture d’un dojo.

 

  • Afficher un plan d’urgence si c’est applicable et avoir accès à une trousse de premiers soins.

 

  • Se munir des assurances requises si c’est applicable. (responsabilité civil)

 

  • Établir un règlement interne (facultatif).

« Il est recommandé par tradition que l’enseignant porte un judogi blanc »

L’éthique et la tradition sont des concepts très importants en judo. Les saluts usuels et conventions lors des pratiques doivent être exécutés par tous et c’est la responsabilité de l’enseignant de les perpétuer. car il est le garant de ces traditions japonaises.

Important : Judo Canada impose au professeur de suivre une formation en « éthique » et souscrire à un code d’éthique spécifique pour les enseignants, où le bon sens régit la règle.

Les fondements de l’enseignement

Le professeur a une mission, celle de faire découvrir et aimer le Judo, une discipline combien éducative : un art en soi. Son travail d’enseignant sera d’autant plus facilité s’il peut développer une pédagogie adaptée à chaque  groupes de participants. il représente un modèle, il se doit de dégager un certain charisme, mais ces caractéristiques ne devront jamais être entachées de prétention. la modestie est de mise. De plus, si la ponctualité est la politesse des rois, elle est, pour un professeur, une marque de respect envers les membres du dojo L’enseignant n’est pas là pour « impressionner », mais pour transmettre la matière technique, les valeurs soutenant le judo, le respect de la discipline lors des pratiques et toutes les règles qui régissent la bienséance de cette discipline.

 

 Respect et authenticité

Au sein du dojo, il faut développer le concept de sampai/koai (anciens, nouveaux) avec ce que cela comporte de responsabilités. Le professeur doit être conscient de sa position d’autorité, mais ne doit jamais en abuser.

Le maraudage et la sollicitation envers des membres d’un autre dojo sont chose proscrite, même une invitation à venir « faire une petite visite ». Par égard, un professeur doit s’abstenir de critiquer un autre collègue, ici, encore une fois le respect se mérite.

Il est impératif de ne jamais dénigrer les autres arts martiaux et d’éviter toute polémique. Ne jamais être sarcastique. Si l’on n’est pas certain de la réponse à donner à une question, au lieu d’afficher une fausse assurance, il est préférable de donner seulement des éléments de réponse.

 L’enseignement

Il faut accepter les différences individuelles et les objectifs propres à chacun, tenir compte également des d’âge et du niveaux d’aptitudes entre les participants. Ne jamais oublier que chaque personne  est unique.

Le professeur est celui qui dirige et anime le cours, il se doit de ne jamais perdre le contrôle de son groupe. Même s’il personnifie une main de fer, son travail s’effectuera toujours dans un gant de velours. Lorsqu’il s’adresse au groupe, son timbre de voix doit être puissant, sans jamais être agressif ou cassant. Il est également essentiel de savoir choisir ses mots, afin d’expliquer par des phrases courtes et précises le message à faire comprendre. L’explication de ce qu’il faut faire n’est pas un flot verbal, mais plutôt soutenu par un langage simple, précis et adapté aux personnes concernées (par exemple ajuster son discours pour les enfants). Quant aux gestes démontrés, ils seront exécutés de manière à être facilement observés et reproduits. Bannir le « je » en se situant à un niveau plus général permettra à tous de bien apprécier l’enseignement donné.

Lors des cours, il y a plusieurs facteurs à considérer, entre autres : le nombre de pratiquants, la température ambiante du local, le niveau technique du groupe et si la situation l’impose, il faut pouvoir faire plusieurs sous-groupes de travail.

Une atmosphère sereine et propice a la pratique c’est la clé de la « bonne santé » du groupe; c’est au professeur d’inculquer cet esprit au dojo.

Il ne faut pas se concentrer que sur « les meilleurs », mais sur l’ensemble du groupe.

C’est une bonne chose de demander aux élèves de venir démontrer les techniques étudiées. Il est cependant recommandé de varier le choix des partenaires retenu pour ce type de démonstration. De plus, puisque l’objectif est de permettre à chacun des pratiquants d’atteindre un niveau technique supérieur, il vous faudra apporter les correctifs nécessaires à « petites touches » et travaillez une seule chose à la fois. Avec le temps, vous remarquerez que cette procédure en « coopération » professeur/élève sera appréciée et très bénéfique pour tous les participants.

 

Responsabilisées

Au dojo, le professeur est le représentant de l’association à laquelle il est affilié(judo-québec). C’est donc à lui qu’il incombe de faire respecter les règles de cet organisme. Il doit faire accepter toute décision des membres d’un jury d’évaluation des divers grades « kyu » ainsi que les grades « dan ». Une dérogation lui est accordée par l’association pour l’attribution les grades « kyu » dans son dojo. C’est là un privilège, il peut conduire ses examens seul ou avec la collaboration de collègues.

Notes

Lorsque vient le temps de préparer les membres à un examen de grade, on remarque que certains perdent leurs moyens et « figent ». Ne placez pas ces personnes dans une situation difficile, soyez patient avec elles. Concentrez-vous prioritairement à les préparer à démontrer convenablement leurs acquis, puis travaillez à développer leur confiance en eux. C’est en prodiguant des conseils plus personnalisés et adaptés à la situation que vous atténuerez le « stress » associé aux examens.

Sur le plan de l’enseignement technique, S.V.P. ne pas trop déroger des programmes respectifs de chacun des grades « kyu et dan ». Les contenus relatifs à chaque grade sont suffisamment vastes pour que chacun puisse y puiser un intérêt constant. Il convient de ne pas « brûler » les étapes. Lors des explications et démonstrations des techniques, vous devez être à la fois précis et concis, vos démonstrations doivent toujours être faites sans jamais chercher à épater, mais avec un seul but : faire comprendre l’exécution correcte et globale de la technique.

Le partenaire, essentiel à toute progression

Vous devez bien inculquer  la notion essentielle de « partenaire », qui est différente de celle « d’adversaire ».  Toutes les techniques doivent être faites avec contrôle et dans le respect du partenaire, sans lequel il n’y a pas de progression possible.

Des fondamentaux essentiels

Une certaine maîtrise des déplacements et des chutes est nécessaire dans notre art. Il est donc important de les exécuter en proposant régulièrement de nombreux éducatifs dynamiques et attrayants . En ce qui a trait à la chute avant , lorsque certaines personnes éprouvent un blocage, soyez patient, elles finiront par y arriver, ce n’est qu’une question de temps, d’entraînement et de confiance en soi. Les chutes latérales sont les plus impotentes en judo

Le randori

Le randori, pratique libre ou expression libre a une place prépondérante et cruciale dans l’évolution du niveau de chaque pratiquant. Mais il faut retenir et comprendre que le randori malgré ses diverses formes qu’il n’est pas un shiai(compétition) ou le résultat est le but ultime.L’ambiance coopérative, positive lors des randoris a l’intérieur du dojo doit être imposée par le professeur en fonction des degrés de randori détermines par plusieurs facteurs:

* niveau des pratiquants

* but et objectif du randori(Ex: compétition a court ou long terme, etc )

En randori il n’y a pas de vainqueur mais deux partenaires qui doivent surveiller la position des pratiquants, avoir la résistance raisonnable afin que le partenaire puisse développer ses techniques….Le randori doit etre a la portée de tous et avec tous.

Uchi komi

Le but premier du uchi komi est de synchroniser et de maitriser certains gestes très rapidement afin de placer le corps dans une position optimale pour exécuter une technique de projection ou une technique de contrôle en ne-waza.

Cet exercice au combien important a pour but d’ améliorer la vitesse d’exécution sans nuire a la précision du geste dans une situation presque réelle.

Il doit être fait dans un but réaliste d’ou l’importance du rôle du partenaire, celui-ci ne doit pas offrir une opposition négative ni trop coopératrice il est impératif que uke offre une opposition raisonnable prédéterminé entre les deux partenaires afin que tori puisse en tirer le maximum de bénéfice.

les uchi komi peuvent etre exécuté sur place , avec un léger déplacement normal de randori. les uchi komi (en ligne) ont une réalité relative car ce n’est pas un déplacement que l’on retrouve normalement.

Faire de mauvais uchi komi (irréaliste) est une perte de temps et d’énergie!

quel dommage.

A retenir

Le nombre de répétitions n’est pas un gage de progrés, seul la qualité du geste est un facteur déterminent.

Kata

Par la pratique des katas le mot partenaires prend tout son sens. C’est un duo ou l’harmonie dans la pratique entre les deux partenaires est très important. Apprendre un kata est une chose relativement facile, mais ce n’est que la première étape. Le but ultime est de le découvrir, de le comprendre ou d’en saisir la raison d’être et le message qu’il véhicule. Il faut d’abord l’assimiler puis le ‘sentir’, le ‘vivre’.

L’exécution d’un kata ne doit jamais être fait mécaniquement, sans âme. Il ne doit pas être démonstratif, mais simplement vivant, logique, tout en démontrant des principes qui régissent le judo, afin que la pratique soit bénéfique et contribue a une certaine évolution et compréhension du judo.

Techniques interdites depuis 1955

Ura gatame (immobilisation entre les jambes) ; 1955

Les clés de jambes (9) ; 1956

Les clés de cou (6) ; 1956

Kawazu kake ; 1961

Uki gatame (immobilisation genoux sur la poitrine) ; 1968

Clés de bras à la volée ; 1972

Do jime ; 1972

Kani basami ; 1980 *

Les étranglements et les clés en partant de la position debout ; 1980

Daki age ou mochi age ; 1981

Les étranglements et les clés en partant de la position debout ; 1980

Kensui jime

Hiza jime

Techniques interdites en compétition

Kibisu *

Kata ashi dori

Moroté gari *

Te ashi gake

Kuchiki taoshi *

Te guruma ( mae et uchiro)

Seoe age

Kata guruma *

Ura kata guruma

Ude gaeshi

Sukui nage *

Hiza guruma te ashi gake

Étranglement avec le bas de la veste

 

Ashi oshi taoshi

Morote komi

Sukui ashi gake

Ko uchi ashi dori (makikomi)

O uchi ashi dori (makikomi)

Mae kakae dori

Ikkomi

Mudare komi sutemi

Obi jime

Ashi jime

 

 

* techniques demandées aux examens soit en démonstration ou en explications