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Historique
de la fédération internationale de judo

Préambule
Cet historique, certainement incomplet, est au meilleur de ma mémoire, qui à mon âge peut avoir des petits trous et de documents que j’ai obtenu ici et là. Il pourra servir de base a ceux qui aurons le désir de « l’étoffé » pour le bénéfice du judo. Toutes suggestions ou critiques sont les bienvenues.

Raymond Damblant 9e dan
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Bien que depuis 1920 un groupement de quelques judokas européens fondèrent un mouvement international pour se rencontrer et découvrir ensemble tous les mystères qui entouraient ce nouveau sport d’origine japonaise (mais était-ce vraiment du judo?). C’est en 1932 que les véritables premières bases furent misent sur papier lors d’une réunion à Francfort sur le Main en Allemagne réunissant les représentants de la Grande Bretagne, d’Autriche, de la Suisse, de la Hongrie et de l’Allemagne.

Pour des raisons obscures et à cause de la deuxième guerre mondiale, ce mouvement sombra et ce n’est qu’en 1948 à Londres que le judo connut un nouvel essor et une réunion eut lieu ayant pour but de constituer l’union européenne groupant : l’Italie, la Hollande, la Suisse, et la Grande Bretagne, la France siégeant à titre d’observateur. Il faut savoir que la fédération française à cette époque était une section de la fédération française de lutte.

Le 20 octobre 1949 à Bloomedaal en Hollande eut lieu la deuxième réunion de ce groupe de judo et les nations suivantes étaient présentes : la Hollande, l’Italie, la Suisse, la Grande Bretagne et le Danemark, la France restant observatrice. Le docteur Aldo Torti, représentant de l’Italie, fut nomme président et déjà le nom de l’union internationale fut avancé. Mais réalisant que seules des fédérations européennes étaient membres, le nom d’union européenne fut retenu et la première union continentale était officiellement en place. Pour rendre ce groupement encore plus international, des contacts furent établis avec toutes les fédérations nationales connues et le japon fut le premier pays à répondre à cette invitation en adressant ses félicitations pour cette initiative sans toutefois y adhérer officiellement.

Le 20 octobre 1950, à Venise, la Belgique, la France et l’Allemagne (GER) y adhèrent officiellement. Le président Torti fut réélu pour deux ans. Plusieurs nations d’Amérique et d’Asie avaient délégué des observateurs et la possibilité de crées des unions continentales qui seraient chapotées par une fédération internationale fut le sujet de cette réunion.

Le 12 juillet 1951, à Londres, sur proposition de président Torti, les délégués européens présents, votèrent la dissolution de l’union européenne de judo et la création de la fédération internationale. Le docteur Torti devint de facto le premier président de la F.I.J. Toutefois en 1952 L’union Européenne fut réactivée.

Le président de la fédération Japonaise, M. Risei Kano, fils du fondateur, envoya immédiatement ses vœux et offrit au nouveau comité d’abrité la F.I.J. dans les locaux du Kodokan mais l’offre ne fut pas retenue.

En juillet 1952, à Zurich, une importante réunion de travail eut lieu et, à la suggestion de la fédération japonaise, le premier championnat d’Europe fut planifié et Paris fut choisi pour abriter cet événement historique organisé par la fédération Française sous l’égide de la F.I.J.

Le 10 décembre 1952, À Paris, le Japon adhèrent officiellement et M. Risei Kano, du Kodokan, devient le deuxième président de la F.I.J. poste qu’il occupa jusqu’en 1965. Mr Paul Bonet-Maury, de France devint le secrétaire général. Les continents furent conviés à créer une confédération à l’image de l’union européenne seul le continent pan-Am créa une confédération avec Cuba, le Brésil, les U.S.A et le Canada. Une équipe dynamique mais sans moyens financiers oeuvra à la mise en place de structures administratives et de règlements sportifs, organisant les premiers championnats du monde en mai 1956 à Tokyo et en 1958, également à Tokyo.

Pour rendre hommage à l’Europe, berceau du mouvement international, le troisième championnat du monde se déroula à Paris le 2 décembre 1961. Suprême consécration internationale, c’est le Hollandais, Anton Geesink, qui sortit du stade Pierre de Coubertin couronné du titre de champion du monde. C’est une véritable bombe et un nouveau départ.
Sous l’influence de la communauté japonaise du Brésil et de ses nombreux judokas d’origine Japonaise dans la région de Sao Paulo, le 3 e championnat du monde est attribué au Brésil une première pour le continent Pan Américain. Le président Cordeiro de la fédération Brésilienne exige que l’événement se déroule à Rio de Janeiro
En 1965, à Rio de Janeiro, (Brésil) Mr Charles Palmer d’Angleterre, accédait à la direction de la F.I.J. et un nouvel élan était donné au judo mondial. Judoka actif, ayant vécu et pratiqué au Kodokan de nombreuses années, il s’entoura de nombreux spécialistes et des comités actifs ont été crées.

Le président (1965-1979) Palmer, nouveau fortuné Londonien, roulant en Rolls-Royce, au style décontracté mais autoritaire et déterminé. Polyglotte, parlant 5 langues, dont le Japonais. Il a certainement été l’étincelle qui a propulsé le judo au niveau des grands sports mondiaux. La F.I.J. se « démocratise ». Plusieurs comités sont mis en place. Les membres sont issus de divers pays et continents – Mr Kawamura du Japon prend la direction technique assisté de Mr Jacobs de Age de Hollande, début 1970 Mr J. Osako des U.S.A. se voit attribuer la commission d’arbitrage, le Dr S. Koiwai également des U.S.A. la commission médicale et pour la 1ere fois Mr Barquerim de Porto-Rico est le statisticien de la F.I.J. Le président Palmer a beaucoup « lutté » pour maintenir le judo au programme des jeux olympiques. (Absence aux jeux de Mexico en 1968) C’est sous sa présidence que les catégories de poids passent de 3 à 5 puis à 7. Il y a une véritable formation des arbitres F.I.J. puis des arbitres continentaux et une certification à divers niveaux. Les règles d’arbitrage sont revues significativement et les règles du code sportif élaborées. Un premier tableau de marque est mis en fonction. Les premiers contrats de télévision sont signés ce qui permet d’avoir plus de fond de fonctionnement. Le premier championnat du monde des moins de 21 ans est tenu à Rio de Janeiro (Brésil) en 1974 et le premier championnat du monde féminin à New York en 1980. Les comités continentaux se structurent sérieusement, le président siège sur chaque comité et s’assure que ses idées et orientation planifiées sont bien suivies. C’était un style particulier mais le judo lui doit beaucoup. Cependant une certaine « rogne » se fait sentir et spécialement parmi les fédérations (émergentes) et ….. « la machine Masumae » se met en route, avec des moyens financiers colossaux. Le Dr Matsumae, un très riche industriel japonais, inventeur de la fibre optique et propriétaire de nombreuses compagnies dont l’université Tokai.
Avec une vedette mondiale, le champion Yamashita, il s’entoure de collaborateur vedette, Isao Inokuma, Sato etc . C’est le début des grands mouvements d’argent et au Japon d’un conflit avec le Kodokan. Sans grande surprise le Dr Matsumae est élu et impose le style de son équipe. Isao Inokuma est le porte parole incontournable du président et siège sur plusieurs comités. Mr Henri Courtine de France se voit attribuer le poste de directeur sportif (le poste de directeur technique est aboli) il est également président du comité d’arbitrage.
Le code sportif et les règles d’arbitrage furent mis à jour et de façon précise. Un minimum de deux réunions était planifié pour chaque commission.
La F.I.J. décide d’émettre des diplômes de grades (dan) ce qui met un peu plus d’huile sur le feu au conflit avec le Kodokan. Une aide substantielle est apportée aux unions et à certaines fédérations. Un nouveau comité est créé : éducation et diffusion. C’est lui qui gère ces aides judogi, tatami, support technique et autres.
Le Dr Matsumae un homme d’un certain âge ne « dirigeait » pas beaucoup. Il présidait certes les conseils d’administration de la F.I.J. et honorait de sa présence les nombreuses et somptueuses réceptions qu’il offrait aux divers comités et membre de la grande famille du judo. Les décisions étaient prises par les membres de son « staff », un certain groupe de présidents de fédération sentirent le moment de prendre du gallon et peut être prendre la direction de la F.I.J.. Un leader se pointa. Mr Sarkis Kologlian, un argentin d’origine Arménienne ayant une petite fabrique de chaussures à Buenos Aires décida de faire campagne pour la présidence de la F.I.J. sans moyen financier mais avec un certaine habilité politique. Et, surprise pour plusieurs il remporte les suffrages au congrès de la F.I.J. avec le support des pays d’Amérique et d’Afrique. La super organisation de Matsumae est supplanté par une équipe sans véritable programme. Il confit la direction sportive à Mr Shifi Shafik d’Égypte, sans expérience. C’est la panique lors du championnat du monde. Les fédérations sont inquiètes. Peut de temps s’écoule et certains membres du comité directeur constate après avoir eu des doutes que certaines transactions financières ne concordaient pas avec les décisions prisent, ces irrégularités eurent l’effet d’une bombe c’est la consternation dans le monde du judo, car c’est une première. Le président est destitué, des procédures judicaires engagés, mais l’issue de cette saga n’a jamais été limpide.
Le comité directeur, à l’unanimité désigne le vice président représentant l’union d’Océanie, Mr Lauri Hargrave , le plus ancien sur ce comité pour diriger les affaires courantes de la F.I.J. à titre de président par intérim jusqu’au prochain congrès

L’union européenne désire reprendre un certain contrôle, l’union Panaméricaine adopte un profil bas après le scandale Sarkis Kologlian, l’union africaine est déçue du soutien qu’elle a accordé au président précédent et l’union asiatique est toujours désunie et n’a pas de président fort a présenté.
En 1991 Mr Luis Barguera d’Espagne et précédemment trésorier est élu président. Sous sa présidence une revue de la FIJ est publiée avec la collaboration et le soutien financier de la Cie judogi de Paris.

Comme son prédécesseur Mr Park passe par le poste de trésorier avant de se présenter au congrès de 1995. Mr Park est un non judoka mais ex président de la fédération Coréenne de judo et très impliqué dans le mouvement olympique. Il est un riche industriel dans le domaine de la bière. Il se présente avec une organisation importante et en mettant deux millions dans la trésorerie de la F.I.J. mais en se réservant le droit de regard sur les projets présentés par les divers comités. Il est élu avec une très confortable majorité. Un Coréen à la tête d’un sport d’origine Japonaise est une première et …. tout se passe en harmonie.
Mr Francois Besson de France conserve le poste de directeur sportif, c’est donc la continuité. Mr Jim Kojima du Canada se voit attribuer la responsabilité de l’arbitrage, se duo travaille en étroite collaboration.

En 2007 Mr Marius Viser de Roumanie se présente pour la 2e fois et gagne l’élection à la présidence. Il a de nombreuses idées sur le futur du judo en compétition internationale. Un concept qui en réjoui certain et en inquiète d’autre. Il avait déjà débuté le principe des bourses pour les compétitions individuelles et par équipes. Des changements majeurs sont fait tant au code sportif qu’aux règles d’arbitrage. Un calendrier sportif est mis en place à l’image des grands sports professionnels grand prix, grand chelm, grand slam, grand master, coupe du monde et récupération de la compétition des plus de 30 ans et da la compétition de katas initié par la Word master judo association sous la direction de Mme Lise Roch de Toronto et récemment un championnat du monde pour les U17, sans oublié un championnat du monde au sol et enfin le retour de la double participation par nation par catégories de poids. Toutes ces compétitions nécessite des fonds considérable des fédérations nationales ce qui en inquiète plusieurs. Les nouvelles technologies oblige l’arbitrage avec support vidéo, l’exclusivité à quelques marques de judogi moyennant une redevance importantes à la F.I.J. cause également des problèmes à de nombreuses fédérations nationales, mais qui peut arrêter cette machine qui ne semble pas s’essouffler, c’est un choc intergénérationnel qui ne laisse personnes indifférent et attendons les prochaines « nouveautés ».
En 2011 Jean Luc Rougé de France et ancien champion du monde est élu secrétaire général de la F.I.J. La saga au sein de l’union panaméricaine de judo ou deux groupes s’affrontent, et ce, jusqu’au tribunal du sport à Lausanne.
Des grades d’évaluateurs de kata sont instaurés au niveau national, continental et F.I.J.
Un directeur de l’arbitrage distinct pour les compétitions de plus de 30 ans est mis en place.
Lors du 60e anniversaire de la F.I.J. , en aout 2011, une célébration spéciale a été organisé à Parsi lors du 28e championnat du monde sénior hommes et femmes ou un record de 143 pays y ont prit part avec la participation de 858 compétiteurs. Il faut dire que le retour à 2 compétiteurs par pays et par catégories de poids à aider à établir ces records. (Changement en date de 2009)
Le championnat du monde toutes catégorie est organisé séparément, toutefois une compétition par équipe nationale hommes et femmes clôture le championnat du monde.
Pour « soigner » l’image du judo et ses traditions, il est maintenant impératif que les récipiendaires, lors des remises protocolaires, revêtent le judogi blanc et les entraineurs, lors des finales, doivent être en veston-cravate.

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Les présidents de la Fédération internationale de judo

Aldo Torti (Italie)                                                         1951 à 1952

Risei Kano (Japon)                                                      1952 à 1965

Charles Palmer (Royaume Uni)                               1965 à 1979

Shigeyoshi Matsumae (Japon)                                1979 à 1987

Sarkis Kaloghlian (Argentine)                                 1987 à 1989 (destitué)

Lawrie Hargrave (Nouvelle Zélande) par intérim    1989 à 1991

Luis Baguena- Salvator (Espagne)                        1991 à 1995

Yong-Sung Park (Corée du Sud)                           1995 à 2007

Marius Vizer (Roumanie)                                       2007